Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, la diplomatie climatique fait face à de nouveaux défis. Le Sénat a annoncé le lancement d’une mission d’information sur la diplomatie climatique française, chargée d’évaluer les obstacles actuels et de proposer des solutions pour renforcer l’action internationale de la France face au changement climatique.
La mission, créée à l’initiative du groupe RDPI, est présidée par le sénateur Rachid Temal, avec Teva Rohfritsch comme rapporteur. Elle intervient dans un contexte jugé préoccupant par les parlementaires. Les difficultés rencontrées lors de la COP30 organisée en novembre 2025 à Belém (Brésil) ont mis en évidence les fragilités de la coopération internationale sur le climat. Dix ans après l’Accord de Paris adopté lors de la COP21, la diplomatie climatique semble traverser une période d’incertitude. Le réchauffement climatique continue de s’accélérer : la décennie 2011-2020 a été la plus chaude observée depuis environ 125 000 ans, tandis que les années 2023, 2024 et 2025 figurent déjà parmi les plus chaudes jamais enregistrées.
Les conséquences du changement climatique pourraient être particulièrement marquées en France. Les projections évoquent un réchauffement mondial de 3 °C, mais jusqu’à 4 °C pour la France métropolitaine, avec des impacts sanitaires, économiques et territoriaux significatifs. La situation apparaît encore plus préoccupante dans les territoires ultramarins. Le village de Miquelon pourrait être déplacé en raison de la montée des eaux, tandis qu’en Polynésie française, près d’un tiers des îles pourraient disparaître d’ici 2100 sous l’effet de la hausse du niveau de la mer.
Pour répondre à ces enjeux, la mission d’information sénatoriale mènera une série d’auditions et de travaux d’expertise. Les premières auditions doivent notamment réunir des spécialistes du climat, dont l’ancienne coprésidente du GIEC Valérie Masson-Delmotte, ainsi que des diplomates et des experts en politiques climatiques. L’objectif est d’identifier les blocages de la diplomatie climatique et de formuler des propositions pour adapter l’action internationale de la France dans un monde marqué par la fragmentation géopolitique. Les conclusions de la mission sont attendues d’ici l’été.
